Atmosphère, atmosphère…

Je m’éveillais dans une maison qui frissonnait, et je me mis à vibrer moi aussi. Premier levé comme d’habitude. Pas un bruit. Si ce n’était le ronflement de Jerry au premier. Il fallait que je sortisse vite. Pas envie de rester claquemuré ici, dans ce froid humide, alors que le soleil pointait son nez. Appel d’air et de la mer. J’enfilais le premier bermuda qui me tombait sur la main, un sweat et vite dehors ! A moi, les grands espaces, la plage et les vacances !

De retour une heure plus tard, je les retrouvais tous dans le patio pour le petit déj. Tous un peu engourdis par la nuit, emmitouflés dans des vestes polaires et les yeux encore gonflés de sommeil…

« Hello la compagnie ! » La compagnie, à savoir Jane et Philippe, Jerry et Louise, me regarda l’air hagard…

– Il est 8 heures du matin, on se les pèle et ce type revient en mini-short, enthousiaste et suant, mmmh, ça promet !

Nous étions arrivés la veille, Jane et Philippe avaient déjà réussi à s’engueuler pendant la nuit, Louise n’avait pas lâché une seule fois son blackberry, enchaînant coups de fil ultra-importants entre Hong-Kong et New York… Quant à Jerry, à peine levé, il écrasait déjà sa troisième clope du matin… Trois jours ensemble ? Je pressentais le massacre. Et c’était ce que chacun semblait penser en ce moment même…

– Et merde ! , jura Philippe de la cuisine

– Quoi ?, demanda inquiète Jane

– Putain, il n’y a plus de gaz ! Il faut racheter une bonbonne ! Ca commence déjà ! Putain, mais qu’est-ce qu’on est venu foutre dans ce pays de merde !

J’essayais de calmer le jeu :

– Du calme, c’est bon, rien de catastrophique…Je sais où en acheter dans le coin.

– Oh non ! Non ! Mon portable est mort et…j’ai oublié ma recharge ! MERDE!, s’écria Louise, qui partit aussitôt en courant dans sa chambre.

Peut-être la fin du monde pour elle mais sûrement la meilleure chose qui pouvait nous arriver, pensais-je…  Puis ce fut le tour de Jerry de verser son flot de doléances :

– C’est ça ton paradis, Alexandre ? L’électricité marche à peine. Le gaz, il n’y en a plus, la maison est aussi éventée que sur un bateau et il y a tellement de moisissures que j’ai failli m’étouffer cette nuit après 3 crises d’asthme…

– Ca n’a rien à voir avec la maison, tu n’as qu’à moins fumer !

– Mais vous l’entendez ! Non, mais regarde les choses en face. Ce n’est pas ça le problème : on part trois jours dans l’année, on bosse tous comme des malades, on a besoin de vacances, de vraies vacances, tu vois ! Pas d’aventures et encore moins d’une maison brinquebalante et hantée !

– Ecoute, désolé si t’as oublié tes charentaises !

– Et il fait de l’humour, en plus, ce con !

– Oh Jerry, ne demandons pas la lune alors que nous avons les étoiles ! »

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