Les notes du commissaire

Bilan de l’affaire :

  • 14 taureaux morts ;
  • 1 accident de voiture ;
  • des excès d’ivresse ;
  • 1 nez envolé ;
  • 1 maison dévastée ;
  • 1 jument suicidée.

Position des parties en cause

La locataire de la maison du ruisseau, Mlle Tara Colbert, se renseigne auprès de son assurance de responsabilité civile pour évaluer les dédommagements possibles. L’ensemble de ses biens semble en effet irrécupérables. S’ils n’ont pas été broyés par « l’accident », ils sont sérieusement endommagés par le sang ou les excréments de l’animal mort dans le fossé adjacent, la jument de Mr Jean-Gustave Richaud, Trouspinette (6 mois). L’état de la maison nécessite aussi de sérieuses réparations (voir l’état des lieux dressé par mes hommes le jour même).

Mlle Tara Colbert se considère victime d’une effraction et d’une « mise à sac ». Elle compte dans tous les cas déposer une plainte contre X, car, selon elle, « de telles choses ne devraient pas arriver, c’est à la responsabilité de l’homme de « tenir en laisse l’animal ». » Je ne fais que transcrire ici ces propos. Mlle Tara Colbert demande aussi une autopsie de Trouspinette.

Elément à sa décharge : elle a mentionné qu’elle n’avait pas fermé sa porte à clef le jour de l’accident. Mais cet élément lui paraît peu important car, à ses yeux, la sauvagerie de l’animal aurait tout de même broyé sa maison.

Son assurance a déjà pris en charge l’hébergement transitoire de Mlle Tara Colbert, qui a aussi déclaré « ne plus vouloir habiter à la campagne mais se réinstaller définitivement à Paris. » Elle consent à revenir à Courtomer pour les obligations de suivi de l’affaire.

Le propriétaire de la jument morte, Mr Jean-Gustave Richaud, souhaite aussi déposer une plainte pour X. Selon lui, jamais une assurance ne pourra lui rembourser la perte de sa Trouspinette, cheval de talent et promis à un brillant avenir de trotteuse.

Mr Jean-Gustave Richaud refuse l’autopsie demandée, il y voit une remise en cause de son témoignage. Selon lui, son cheval a déjà péri dans des conditions assez atroces. Je n’y vois qu’un refus moral. En effet, à cette heure, l’animal n’a pas encore pu être dégagé du fossé et ressemble tout au plus à de la chair à la saucisse. Tous mes services font le nécessaire pour que son « défossage » soit fait au plus tôt.

L’objet de la plainte de Mr Jean-Gustave Richaud a pour objet l’existence de la maison du ruisseau, plus précisément sa localisation. Selon ses propos, « cette maison va contre l’ordre naturel. Elle est comme un carrefour dangereux, créé par l’homme et qui n’a pas lieu d’être. » Je laisse à qui de droit éclairer la nature de ces propos.

Rapport à mettre au propre demain !

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