Epilogue

Francis était trop vieux pour snober ce grand succès qu’il avait attendu toute une vie. Il accepta donc de faire équipe commune avec Lardon. Il reprit chacune de ses toiles et, une par une, les soumit à la destruction du fox-terrier.

Comme ses propres enfants, ce chien détestait vraiment la peinture. A chaque fois, il massacrait consciencieusement l’univers de Francis. Et puis, Francis, le cœur un peu plus blessé, nettoyait le cadavre de sa peinture sacrifiée pour le rendre présentable et bientôt achetable.

Anastasia et Luis-Salvadore se réjouissaient de leur coup de maître. Grâce à ce chien, non seulement leur père n’était plus seul mais, en plus, il allait devenir célèbre !

Quant à Edouard Khemoun, il comptait déjà les futurs millions et préparait un vernissage dont tout Paris se souviendrait. Néanmoins, par cynisme, par intérêt ou par amitié, il était le seul à se demander si Francis survivrait. Il savait bien que toute la beauté de ce travail prenait sa source dans la cruauté. Avec ce chien, ses enfants accomplissaient le meurtre du père le plus parfait qu’il soit, et en toute impunité.

C’est pourquoi, le matin du grand jour, Edouard fut à peine surpris lorsqu’il découvrit le corps froid de Francis dans son atelier. Le cœur n’avait pas tenu… Perdu, le petit chien clapissait autour.

Le soir du vernissage, les riches héritiers portèrent le deuil de leur pater adulé, artiste maudit et incompris de son temps. Coupe de champagne dans la main droite, le petit chien de l’autre, ils portèrent hommage à leur défunt père tant aimé.

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