Poison

Francis abandonna le Lardon dans la cuisine, se précipita sur son ordinateur et tapa dans son moteur de recherche les mots suivants : « comment tuer un chien ». Un chat, c’était facile. Il le savait plus ou moins, entre l’étrangler, l’empoisonner ou le noyer dans la rivière, on avait le choix.

Pour un chien, cela devait être la même chose. Encore fallait-il avoir le courage d’aller jusqu’à l’assassinat, ce que répugnait, malgré tout, Francis. Peut-être le mieux encore était de l’écraser et de prétexter l’accident malheureux aux enfants…

Ragaillardi par son génie, Francis redescendit dans la cuisine chercher son innocente victime. Il ne la trouva pas, le sac était vide. Pas si bête, l’animal ! Ah, ah, il voulait jouer au chat et à la souris, il allait voir ! Francis prit sa voix la plus mielleuse pour amadouer le chiot. Qu’importe le ridicule ! Il fallait récupérer cet élément perturbateur de sa tranquillité et s’en débarrasser au plus vite.

« Lardon ! Mon petit Lardon, où es-tu ? » A défaut de voir le chien, Francis apeçut le sac laissé béant près de la porte d’entrée. Les croquettes, pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt ? Oui, voilà un bon appât ! Francis ouvrit le sac et déversa une large portion dans la gamelle jointe. Tout en les agitant, il continua son cirque : « Mon petit Lardon ! Mmmh, viens ici, ton papa t’a préparé à manger ! Oh, regarde comme c’est bon ! Des bonnes croquettes pour son pépé… »

Mais du chien, nulle trace. Quand, soudain, Francis entendit un bruit sourd en provenance de son atelier. Son sang se glaça. Mon Dieu, l’animal avait osé pénétrer dans son sacerdoce ! Il allait le payer très cher…

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