Remake

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Nuit, rêve de Ralf

Remake du clip de Mickael Jackson : Billie Jean is not my love.

Commissariat, suite de l’arrestation. Ce sont des scènes nouvelles qui n’apparaissent pas dans le clip de Mickael Jackson. Ralf et Chris sont dans une cellule. Pièce dénuée, un simple lit à ressort. Une représentation de prison comme dans un film de Charlie Chaplin. Les deux garçons y sont assis, adossés l’un contre l’autre. Ralf est toujours habillé en Mickael Jackson mais il a le manteau de détective en plus sur le dos et les pieds nus. Chris est donc sans manteau. Il a gardé le chapeau mais a enlevé les lunettes de soleil. Il porte au pied les chaussures de Mickael Jackson, des zizis repetto pailletées très classes, et les contemple. On comprend qu’il y a eu échange de fringues et de bons procédés entre les deux garçons. Ils discutent. Sans se regarder. L’échange verbal prend vite l’allure d’une comptine-ricochet pour passer le temps.

CHRIS

– C’est l’histoire d’une fille qui sortait avec un garçon qui ne l’aimait pas. Elle voulait l’épouser.

RALF

– Et lui, il ne voulait pas lui faire de peine.

CHRIS

– C’est l’histoire d’un garçon qui voulait s’échapper d’un pays qui ne l’aimait pas. Et qu’il n’aimait pas. Mais un garde est passé par là.

RALF

– Et il ne voulait pas lui faire de la peine.

CHRIS

– C’est l’histoire d’un noir qui a effacé ses propres traits qu’il n’aimait pas. Il voulait être toi ou moi.

RALF

– Et on ne voulait pas lui faire de la peine.

CHRIS

– C’est l’histoire de jumeaux qui avaient deux pères différents qui ne s’aimaient pas. Ils voulaient se retrouver.

RALF

– Et moi, je ne voulais te faire de la peine.

Cour intérieure de la caserne, soleil haut, milieu d’après-midi

C’est la remise de médaille de Ralf. Tous les gardes sont au garde à vue. Un public de circonstance est là, assis sur des chaises, essentiellement des gens de la famille. On est un peu déçu. Ce n’est pas finalement Honecker qui viendra mais son délégué aux affaires militaires. Ralf est au centre de la cour, il attend. Le directeur est à ses côtés. Le délégué s’avance, salue le directeur, échange une poignée de mains et quelques mots. Il s’approche de Ralf et le regarde solennellement. La mère de Ralf est assise au premier rang. Elena n’est pas venue. Le délégué sort la médaille et s’apprête à l’épingler sur Ralf. Il se pique le doigt, échange de regards entre lui et Ralf. Le délégué fait comme si de rien n’était et accroche la médaille sur la veste de Ralf, laissant une trace rouge sur la jacket à l’emplacement du cœur.

Appartement de Ralf et sa mère, début de soirée, fête

Quelques amis gradés, des voisins, la mère et Ralf. La mère a préparé un buffet. Elena arrive. Elle saute au cou de Ralf : « comme je regrette de n’avoir pas pu venir ! Mais c’était impossible avec le boulot ! » On trinque, on fume. Tout le monde commence à être un peu pompette. L’un des voisins flirte avec la mère. Elena parle haut et fort et raconte des blagues absurdes. Les gens rient. Ralf s’éclipse dans sa chambre. Personne ne le remarque. Il se regarde dans la glace, voit le reflet de Chris.

– Désolé, vieux, on fête aujourd’hui mon triomphe et ton enterrement.

– Va voir ma mère ; rends-lui le walkman.

– Mais comment…

– Tu te débrouilles, mec.

On entend des voix au dehors qui réclament à grands cris : « Ralf ! Ralf ! Ralf ! »

– Désolé, il faut que j’y aille.

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