Araignée au plafond

Il était trois : Régis, Yves et Valérie. Vivaient dans la même maison. Couchaient parfois ensemble à l’occasion. Chacun s’était réservé un étage. Régis, les combles. Yves, le premier. Valérie, le rez-de-chaussée. Sans hiérarchie. C’était presque ce qu’on appelait l’harmonie.

La maison était un héritage qu’ils n’avaient réussi ni à se diviser ni à se séparer. La solution avait été la cohabitation. Chacun avait de bonnes raisons d’être là, sans qu’elles soient pour autant familiales. Ils n’étaient pas descendants du mort. Chacun à sa manière avait été son remontant. Mais de cela, ils n’en parlaient jamais. Par pudeur. Par chagrin. Par intelligence tactique aussi.

Entre eux, donc un fantôme. Lui, il rodait dans la cage d’escalier. De bas en haut, de haut en bas. Transversalité et pas de jaloux.

Il y avait un jardin. Qu’on partageait. Pour les barbecues entre amis et les apéros du soir. Bref, tout était parfaitement réglé. Et on étouffait. Encore plus que dans un caveau fermé.

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