Le ça

Il était une fois un roi qui n’aimait pas ça mais alors pas du tout ça. Or ceci était très important pour le devenir du royaume. Parce que pas d’héritier sans ça. On mit donc tous les stratagèmes possibles et imaginables en place. On offrit au roi, jour après jour, les plus belles femmes, puis les plus moches (après tout, c’était peut-être juste une question de goût). On essaya ensuite les transsexuels, les hommes, etc… mais, non, ça ne marchait pas plus que ça.

On s’inquiéta. On se tourna vers la science. Il suffirait d’un petit plaisir solitaire et le tour sera joué. Mais encore une fois, le roi n’y consentit pas. Refus d’obstacle obstiné. Qu’est-ce que c’était que cet homme-là qui ne voulait pas jouir ?

On consulta les oiseaux, les entrailles des morts, internet, le plomb, le marc de café, les cuvettes des chiottes, les prix Nobel encore en vie, Léon Zitrone, les poubelles des riches, le trou d’ozone. Rien.

Et puis, un jour, alors que le royaume avait déjà accepté son déclin, ce principe de non-plaisir comme loi, et commençait tout doucement à péricliter, le roi tomba amoureux…d’une vache. Meuh… Un soupir de soulagement traversa tout le pays.

On ne se choqua point. Ce n’est pas la première fois qu’une telle chose arrivait, on avait des exemples glorieux dans la mythologie, pour preuve le Minotaure. Bon, il est vrai que ça se terminait un peu mal mais après tout, n’est-ce pas le principe de n’importe quelle bonne histoire ? Et puis, cette vache-là était une « vache fatale » qui avait plus d’un tour dans son sac et qui en avait déjà détourné plus d’un du droit chemin. Elle aurait même été l’inspiratrice d’Olga la vache de Dubillard, vous connaissez ?

Bref, on s’en broutait pas mal de cet amour déviant du moment que la descendance était assurée. Ok, ça serait des veaux mais ça aussi, cela ne serait pas la première fois que cela arriverait.

Mais quand on les surprit un jour au champ en pleine méditation, sabots et pieds en l’air, l’on comprit que l’on ne s’en sortirait pas comme ça. Ensemble le roi et Olga ne faisaient pas l’amour mais de la méditation… Et merde !

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