Yeah baby

Un sourire coquin est apparu sur ses belles lèvres. Il hoché la tête et puis, il est devenu autre :

– Yeah, baby ! Bon, avoue, j’ai réussi à te faire un peu peur, non ?

Je me suis appuyée contre la rambarde et j’ai émis un petit oui. Pour lui faire plaisir. Pour écouter encore sa voix au fort accent américain :

– Il faut que je m’entraîne. A jouer les durs. A me désensibiliser, encore. Pour ne plus avoir le mal du pays, le mal des gens surtout. Pas facile d’être au-delà, tu sais. Heureusement, on voit encore de belles poupées comme toi. Parfois. Comme une piqûre de rappel de ce qu’on a définitivement perdu.

– Moi, je suis contente que vous soyez ici. C’est vrai, sinon, je ne vous aurais jamais rencontré. Vous en Floride, moi à Paris. Impossible. Et puis, vivant, vous n’auriez jamais été disponible. C’est beaucoup mieux ainsi.

– 14 ans déjà, oui, que je suis parti. Out of the world. Tu devais encore barboter dans ton bac à sable à l’époque. Bon, je vais te dire maintenant comment on va fonctionner…

Share on FacebookTweet about this on TwitterPin on PinterestShare on TumblrPrint this page