Reportage radio RF2M : Shakespeare a encore frappé !

Non, il ne s’agit ni du nom d’un nouveau cyclone tropical, ni d’un obscur mouvement terroriste allié à Al Qaida, mais bel et bien du célèbre auteur anglais du seizième siècle.

Une semaine après la représentation de leur spectacle de fin d’année Roméo et Juliette, un couple de deux élèves du lycée Bergson s’est donné la mort par voie médicamenteuse et automutilation… L’autopsie en cours confirmera les raisons de leur décès.

Ces deux jeunes gens trop tôt disparus ont été retrouvés dans la maison secondaire appartenant à la famille de la jeune fille par un de leur camarade de classe. Ce dernier est actuellement hospitalisé à l’hôpital Avicenne pour insuffisance respiratoire liée au choc traumatique de la découverte. Ses jours ne sont néanmoins pas en danger.

On peut s’interroger sur les raisons qui ont poussé les deux jeunes gens à commettre un tel acte. Il semblerait que Mlle Jennie Rhihil (14 ans) et Mr Charly Durand (15 ans) étaient liés par une très solide amitié, néanmoins fort bien tolérée par leur milieu d’origine respectif, à savoir la communauté séfarade pour la jeune fille et celle française pour le jeune homme.

Faut-il alors mettre en cause l’influence néfaste de la pièce et son exaltation d’un amour adolescent morbide? Rappelons ici que la jeune fille jouait le rôle principal de Juliette et le jeune homme celui de Tybalt, l’un des protagonistes clés de la tragédie. Leur professeur de français et metteur en scène, Mme Chassé, a déjà été entendue au commissariat. A sa sortie, apparemment très affectée, elle s’est refusée à tout commentaire.

Doivent encore être entendues la nourrice de la jeune fille, Mme Nesrine Larache, et la gouvernante de Mr Durand, Mlle Peggy-Joanna Smith. Tout autre témoin susceptible d’apporter des informations est tenu de se présenter au commissariat de police dans les plus brefs délais.

L’enquête se poursuit donc sous la demande explicite des parents respectifs des victimes. Le père de la jeune fille, un rabbin de renom, a notamment déclaré qu’« il était hors de question d’étouffer cette affaire. Il y aura des graciés et des punis. » Quant au wilaya de la région, il a demandé une grande discrétion à la presse quant au traitement de ce drame, par respect « des familles endeuillées et de la mémoire de ces deux jeunes âmes sacrifiées. » La haute stature publique du père du jeune homme explique peut-être cet appel à la discrétion. Tout porte à croire que les autorités souhaiteraient éviter toute complication diplomatique…

En attendant, l’esthéticienne de Mlle Rhihil a bien voulu nous faire part à Radio RF2M de son témoignage exclusif ! Selon elle, « rien ne différenciait Jennie des autres filles de son âge, si ce n’est sa beauté, sa douceur et cette flamme qu’on voyait briller dans ses yeux. » Elle se dit extrêmement choquée par « ce suicide ». Elle poursuit : « rien ne peut justifier un tel geste si ce n’est l’absence d’avenir… »

Nous vous tiendrons, bien sûr, informés, chers auditeurs, des conclusions de l’enquête. Pour l’heure, nous souhaitons encore une fois présenter nos condoléances aux deux familles touchées. Et quelle meilleure façon de leur rendre hommage que de conclure par ces mots de William Shakespeare : « Cette matinée apporte avec elle une paix sinistre, le soleil se voile la face de douleur. Car jamais aventure ne fut plus douloureuse que celle de Jennie et Charly… »

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