Pantalon gris contre jupe jaune

Bien sûr, on ne pourra pas dire que je ne le savais pas, que je ne t’ai pas vu venir, que je n’ai pas saisi ma chance. Jour de veine ou de déveine, c’est selon.

Tu marchais vers moi, droit dans tes bottes, dans tes désirs, dans ton pantalon gris.

Moi, j’avais une jupe jaune Canaries. J’avais la tête en fête. Pas de boulot aujourd’hui. Je n’avais pas mis de legging ce matin-là. Ni de culotte non plus. Et je marchais triomphante sur les grands boulevards, le vent caressant mes poils pubiens. Enivrée par ma propre indécence, par mon jeté en l’air de tout interdit. L’érotisme commence par soi-même.

J’avais les seins lourds, les tétons durcis. Peut-être avais-je envie d’être prise. Ou peut-être pas… J’allais à l’encontre de la ville, ouverte et provocante.

Mais revenons à toi, ton pantalon gris et ton regard assassin. J’ai souri. Je n’y croyais pas. C’est peut-être cette insolence qui t’a fait tendre la main droite et la plaquer en bas de mes reins.

Cul de sac. Face à face. Amour fatal et sans issue, comme chanterait l’autre

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