Ma chair est lasse et j’ai vu tous les films

J’aime les films de culs. Je les regarde depuis 16 ans avec une seule obsession, celle de comprendre. Qu’est-le sexe ? Qu’est-ce la loi du désir ? Et celle du plaisir ? Est-ce la même ou non ? Certaines jeunes filles s’initient aux bras d’hommes mûrs, d’autres testent leurs compères, d’autres encore s’essaient à tous les genres. Moi, j’ai choisi le porno. Je lis aussi. J’apprends. Je suis en cela une espèce rare. Le culte de l’image n’est bien sûr pas interdit aux femmes mais davantage réservé aux hommes. Moi, je m’en fous, je regarde tout : du soft, du hard, de l’érotisme mièvre, du grand public ou des vidéos amateurs. Je suis devenue exigeante. Les clichés m’ennuient, toutes les scènes de servantes et de levrettes, d’infirmières nues sous leur blouse ou de triolisme me font le plus souvent bayer aux corneilles. Ce que je préfère, ce sont les transitions : comment vont-ils en arriver là ? Et les expressions du visage pendant l’acte… Après tout le reste est mécanique. J’aime les films des années 70 où le sexe est encore gai et libre, légèrement teinté par la sexualité à la papa, ceux des années 50 où les petites femmes ont l’air bien plus malignes et tendres qu’aujourd’hui, ceux des années 80 où le sexe devient bravache et vulgaire et où le bling bling s’invite dans nos lits, ceux des années 90 où la guerre des seins et des queues surdimensionnées commencent -finie la SM bienvenue dans la SF !-, ceux des années 2000 où le néo-tantrisme revient dans une version remixée à la Matrix… J’ai parfois des petits et petites amis, mais, j’avoue, ils me fatiguent vite par leur manque d’imagination. Avec eux, j’ai toujours l’impression de jouer un remake raté d’un des films de ma vidéothèque. Ma chair est triste, hélas et j’ai vu tous les films…

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