Salle d’attente

Ophélie et Paul assis en face de l’autre. Ophélie a une attelle à la jambe droite. Paul ne cesse de se boucher les oreilles. Irrité, il prend la parole :

– Excusez-moi, pourriez-vous fermer la porte derrière vous ? Je ne supporte pas les bruits de travaux.

– Mais c’est à peine audible et il fait si chaud…

– J’ai des acouphènes, s’il vous plait ! Le moindre bruit bourdonne dans ma tête.

– Oui, et moi, j’ai une entorse! Si vous croyez que c’est facile pour moi de me lever comme ça.

– Pardon, je vais la fermer moi-même alors. Vous voulez bien ?

– Oui.

Silence. Ophélie le rompt la première :

– Vous venez aussi pour le docteur ? Vos oreilles, je suppose…

– Oui ?

– Comment cela vous est arrivé ?

– Oh, rien. A force de trop écouter les autres, on n’entend plus rien. Quelqu’un a diminué ma puissance d’agir, m’a chassé, m’a attristé comme on dit. J’ai perdu ma place et mes oreilles se sont mises à siffler. Et vous, votre jambe ?

– Oh idem, un chagrin d’amour qui est mal passé. Je suis aussi tombé sur un casse-pied. J’ai perdu mon équilibre et je n’ai pas su me reprendre à temps.

– Ah oui, bien sûr…

Silence. Ophélie :

– C’est étrange, votre visage ne m’est pas inconnu.

– Le vôtre, non plus. Vous vous appelez ?

– Paul. Et vous ?

– Ophélie.

– Ah… (silence) Vous n’auriez pas connu un Romain par hasard ?

– Oui… C’était lui, le casse-pied.

– Ah, idem pour moi.

– Et si nous oublions ensemble ce passé pour nous reconstruire un avenir ? Et si nous nous redistribuions les rôles ?

– L’amoureuse éconduite et le meilleur ami délaissé, ensemble, ça promet…

– Et pourquoi pas? N’ayons pas peur de l’happy end…

 

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