Test

Emilie Picheron savait maintenant qu’il n’y avait rien à faire. Au bout du compte, elle n’avait pas dépensé 1575 € pour rien. Elle connaissait désormais le secret des séductrices : s’asseoir et attendre. S’accouder au comptoir d’un bar ou au bord d’une piscine, se poser sur un banc dans un jardin public ou dans un musée et se contenter d’être. C’était aussi simple et compliqué que ça. Simple parce qu’aucun accessoire ou art quelconque n’était ici requis. Compliqué comme de traverser une scène de théâtre avec naturel…

La danse de l’utérus lui avait donné cette conscience et cette force. Demain, Il lui suffirait de visualiser son sexe prenant racine dans le giron bouillonnant de la planète terre et elle serait femme. Abreuvée de cette théorie qui empruntait autant à Star Wars qu’à la Bhagavad Gītā, elle était consciente qu’il ne lui restait qu’une ultime étape à franchir : le lâcher prise.

Mona lui avait bien dit : « Ce n’est pas une question de théorie et de pratique. Il ne s’agit pas non plus de cueillir les fruits de l’enseignement. Si tu penses encore en ces termes, tu te trompes, Amy »- par anglicisme et pour sa renaissance, Mona lui avait donné un nouveau nom et lui avait coupé au passage les « l »-, « si tu veux agir, ne fais rien ! Sois et tu seras ! »

Voilà qui lui faisait une belle jambe… Mais dans la confusion de ses sens et de son nouvel univers mental, Amy ou Emilie, je ne sais plus, adhérait au credo, corps et âme. Enfin, presque. Elle voulait bien attendre mais qui ? Il lui fallait bien une cible quand même ! Elle ne parvenait pas à se défaire tout à fait de toute velléité… et de sa formation en école de commerce.  Et si elle prenait un de ses collègues ? Oui, voilà la target était tout trouvée : Stéphane Bouton ! Si même ce cafardeux gratte-papier succombait à ses charmes, elle aurait bien l’ultime preuve qu’elle était devenue irrésistible.

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