Le mensonge est le meilleur chemin vers la vérité

Depuis la veille, plus rien ne surprenait Ovidiu… Après tout, ne s’était-il pas laissé emporter, cette nuit, par une dérive aléatoire aussi rousse que coquine en la charmante Pauline ? N’avait-il pas pour la première fois goûté aux délices de l’adultère malgré lui ? Aïe, mais le piège ne s’était-il pas refermé sur lui lorsqu’il avait découvert aux aurores ce message traître et moqueur qui envoyait au diable sa tromperie d’un soir ? Car tout ceci avait donc été machiné par sa femme, Alice, cette inconnue…

Alors qu’elle l’accueillit au petit matin, débraillée et oh combien sensuelle, en compagnie de son amant, pourquoi pas ? Sa femme était définitivement folle à lier…Au lieu de la scène de ménage à corps et à cris attendue, c’est donc ce qu’il fit : l’attacher pour mieux l’aimer. Elle voulait du vice et du soufre, eh bien, c’est qu’elle aurait !

Comme s’il se réveillait d’un long cauchemar éveillé, il éclata d’un immense rire qui balaya les angoisses et autres turpitudes de la nuit. Tout ceci n’était qu’un jeu. Alice avait même osé lui sortir l’amant du placard, non, mais quelle femme ! Elle était là tremblante devant lui, plus stupéfiée par la traitrise dévoilée de son amie que par la sortie de son soi-disant amant. Qu’importe ! Ovidiu, lui, n’avait dormi que quelques heures, il ne voulait pas en savoir davantage. Fi ! Il souleva sa femme et l’emporta, fou de désir, à l’étage…

La suite ? Elle se passa dans les vapeurs de la salle de bain, entre porte-jarretelles qu’on attacha et parfums qu’on balança définitivement à la poubelle, entre dés qu’on lança et désirs qu’on révéla, entre faux mensonges et vrais plaisirs…

Quant à Pauline et Choderlos, vous l’aurez deviné, ils s’étaient tous les deux réconciliés à l’insu d’Alice : après avoir été contacté par Alice sur Facebook, Choderlos avait eu envie d’appeler Pauline. Après dix ans de brouille, pendant toute une nuit, ils avaient conversé sur Skype, dénoué les quiproquos qui les avaient séparés si longtemps et compris qu’Alice avait été la seule coupable de leur rupture. Ensemble, ils avaient donc concocté cette petite vengeance… Qu’elle aboutît au contraire de ce qu’ils avaient prémédité -un nouvel embrasement dans la vie de couple d’Alice et d’Ovidiu et non un divorce-, ne les chagrina guère. Après tout, Alice ne leur avait-elle pas permis de s’aimer à nouveau ? Arrivé à un certain âge, on ne badine plus avec l’amour…

Fini les liaisons dangereuses ! Tout ce beau petit monde se réconcilia bon gré mal gré. Après une période de froid, les deux amies, Pauline et Alice, se rabibochèrent au détour d’un chat Google. Ni Alice ni Choderlos ne se « défriendèrent » l’un de l’autre sur Facebook. Ovidiu inventa une nouvelle manière –« éroti-coco »- d’utiliser Skype avec sa femme Alice lors de ses fréquents déplacements. Et il ne tarderait pas ce soir où ils en viendraient, tous les quatre, à dîner en bons amis au restaurant Lapérouse…

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