La Rose Rouge de Maubeuge

Il y a la rose pourpre du Caire et la Rose Rouge de la rue Maubeuge. C’est là que je t’attendrai. Que tu viennes ou pas. Tu ne viendras pas, je le sais. Mais, au moins, j’aurai goûté aux délices de l’attente. J’aurai frissonné à chaque courant d’air échappé d’une porte poussée par un autre que toi. Je me serai laissé toiser par tous les mecs qui passent là pour s’oublier le temps d’une bière et de trois cacahuètes avant de regagner leur foyer, leur femme, etc.

J’aurai volé, ici et là, quelques pronostics, « c’est sûr, demain il faut miser sur Louvoie-moi, sa côte est au plus bas », « mais non, voyons, il faut tout mettre sur Diamant vert ! » et pour le loto, il suffit de « parier sur l’anniversaire de ma mère : le 31, le 8, le 47 et le 12. » Grâce à toi, je serais peut-être demain millionnaire !

Donc tu ne viendras pas. Qu’est-ce que j’attends alors ? L’espoir sûrement. Je ne suis là que par pure vanité, pour me donner l’illusion d’une cohérence. Tu m’as donné rendez-vous à la Rose Rouge de la rue Maubeuge. Un jour ou l’autre, tu viendras.

On n’attend jamais en vain. Qui sait ? Ce n’est peut-être pas toi que j’espère mais l’imprévu ou l’oubli. Quelque chose ou quelqu’un qui me fera changer de sens… et qui me fera arrêter de t’attendre tous les jours à la Rose Rouge de la rue Maubeuge.

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