Cartes sur table, vraiment?

Notes de chevet de Pauline à Ovidiu laissés au petit matin

Cher Ovidiu,

Merci pour cette folle nuit. Vous avez été un joueur sublime et vous m’avez surpris plus d’une fois. Ah, que de délices ! Vous avez révélé en moi une femme que je ne connaissais pas.

Le jeu est terminé maintenant. Et je peux désormais vous avouer que j’ai menti. Pas dans les caresses que je vous ai offertes, ni dans mes baisers, encore moins dans mes cris et mes gémissements de cette nuit. Non, je vous ai menti en ne vous ayant pas vraiment choisi au hasard.

Car si vous êtes consultant en écriture, je le suis tout autant en amour. Je suis désolée de devoir vous dévoiler mon visage de professionnelle après de telles ivresses partagées. Mais puisqu’il me faut accomplir ma mission, qu’il en soit ainsi.

Oubliez donc les surréalistes et leur crime exquis ! Ce n’est pas le hasard qui m’a mis sur vos pas mais… votre femme, Alice. Telle est la complexe psychologie féminine. Certaines embauchent un détective pour traquer leur époux et cultiver leur jalousie, d’autres se font battre en cachette par leur amant pour enivrer leur sens, la vôtre offre une maîtresse à son mari.

Attention, sachez qu’en vous divulguant mes cartes, je trahis ici ma mission vis-à-vis de ma cliente. Mais tel que je vous ai connu cette nuit, je ne peux m’empêcher de retenir mon élan de tendresse vers vous et vouloir vous aider.

Ovidiu, je suis certaine que vous avez l’esprit aussi tordu, vicieux et malin que votre femme. Entre nous, vous avez tous les atouts en main pour la reconquérir. C’est vrai, pourquoi ne pas être aussi créatif et imaginatif dans votre vie sentimentale que dans celle professionnelle ? Changez de parfum tout simplement ! Cessez de vous protéger, vous et votre femme, l’un de l’autre…

Et si vous cultivez des remords, des regrets pour avoir céder à la tentation que je fus cette nuit, tant mieux ! Voilà qui pimentera encore plus votre vie de couple…

Vous voyez que j’œuvre véritablement pour l’amour et la paix des ménages !

Délicieusement vôtre,

Pauline

PS : je vous laisse en cadeau mes dés, ils pourront toujours vous servir…

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