Bye bye Pompéi (1er épisode)

Lausanne-Paris, je m’arrache d’ici. Je ne m’amuse plus ma tante millionnaire, elle est passée à autre chose. C’est elle qui m’a accueillie chez elle suite au crash noir. Je la connaissais à peine, mes parents ne l’aimaient pas trop. Elle m’a chérie encore plus que son caniche la première semaine. Et puis son dernier amant m’a volé ma place d’orpheline dont elle se parait fièrement dans les cocktails pour faire valoir sa profondeur d’âme derrière ses apparences de riche mondaine.

C’était pourtant rigolo de sortir son petit corbeau noir le soir. Malheureusement, son cœur de cristal est un peu fragile. Le moindre éclat et il se brise. Elle n’est pas habituée, la vieille, à se soucier de quelqu’un d’autre qu’elle.

Il faut dire que je ne l’ai pas aidée. Depuis un mois, je ne parle plus à personne, ni au lycée ni à la maison et encore moins au cocktail. Je veux partir. Je n’ai plus à rien à faire ici, c’est Pompéi pour moi ici.

« Tu n’as pas d’amis ? Je ne sais pas, moi. Tu ne peux pas continuer à te terrer ainsi toute ta vie Maya, tu es jeune, il faut vivre ! Tu sais ce que disait Coco Chanel ? Quand vous avez du chagrin, il n’y a qu’une solution : sortir et dégainer son rouge à lèvres. Ce n’est pas la fin du monde quand même ! » Non, ce n’est pas la fin du monde, c’est juste la fin de mon monde. Alors, moi, je la rembarre sa Coco de mes prunes et je dégaine mon noir à lèvres.

Le train file loin de mes montagnes. Je pianote avec rage sur mon netbook au rythme prestissimo des larmes que je ne verse pas. Bye bye Pompéi!

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