La vie aux trousses

J’ai commencé à courir pour rattraper mon retard, j’ai fait mon hamster furieux enfermé dans sa cage et qui s’agite frénétiquement dans sa roue sans jamais avancer. J’avais désespérément les pieds cloués au sol. Les avions continuaient à s’envoler au-dessus de ma tête, indifférents à ma destinée.

Ni eux ni la mort n’étaient à mes trousses et moi, ça me faisait enrager. Je n’avais pas l’envergure d’un héros Hitchockien, tout juste celle d’un héros Ionesckien qui doute autant du monde que de sa réalité.

J’avais renoncé à étrangler les hôtesses de l’air qui me regardaient de leurs grands yeux bleus derrière leurs hublots.

– Ne vous inquiétez pas, patientez un peu, nous faisons tout le nécessaire pour vous placer dans le prochain avion pour Moscou…

– C’est-à-dire?

– Je ne sais pas.

– Vous avez bien des horaires, des grilles, des tableaux excel, des chiffres?

– Ce n’est pas si simple. On vous appellera…

Et je retournais cavaler jusqu’à ce que …

– Mais vous ne pouviez pas faire attention!

– Vous êtes fou, c’est vous qui m’avez foncé dedans!

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