« La fuite augmentait sa beauté »

Ce n’était pas son genre mais elle l’avait poursuivi. Oh sûrement pas pour lui livrer, vengeresse, la note du pressing de sa robe tachée au petit matin. Non seulement pour le frisson de suivre pour la première fois un homme.

Leïla était peut-être aussi lasse d’observer du coin de l’œil ses nageuses enrobées de paresse et de fric ; elle avait besoin de suivre de nouveaux spécimens. L’animal maladroit qu’elle venait de rencontrer lui semblait aussi peu approprié au mode terrestre et à la compagnie des humains que ses baleines du Ritz. Elle ne plongeait pas tout à fait dans l’inconnu. Et pourtant…

Ils s’étaient rencontrés au café de la Comédie. Elle s’était moquée de sa maladresse physique, lui de sa maladresse langagière. Et puis, ils s’étaient salués aussi maladroitement. Et voilà, tout aurait dû se terminer comme cela avait commencé : en queue de poisson.

– Désolé, j’ai un rendez-vous, je dois y aller !

– Dis donc, vous avez beaucoup de rendez-vous pour un misanthrope…

Elle l’avait laissé s’enfuir. Il partait du côté du Palais royal. Il n’était pas du genre à se promener dans le parc mais dans les galeries. Montpensier ou Valois ?  Elle avait une chance sur deux de le retrouver, elle choisit Valois et le retrouva…

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