Famille nucléaire

Intérieur chambre : Inès et Laurent sont sur le point de se coucher. Vue unique sur Inès seule dans son lit qui parle à son mari caché dans la salle de bain.

INES

– Merci pour ton aide tout à l’heure, j’ai admiré ton silence éloquent et protecteur.

LAURENT

– Pardon ? Qu’est-ce que tu dis ? Je n’entends rien…

INES

– Rien, je te remercie simplement de me laisser seule me faire lyncher par les enfants.

LAURENT

– Tu exagères ! Et puis, c’est toi qui as provoqué ce débat un peu olé-olé sur la cousine allumeuse.

INES

– Oui, et alors ?

LAURENT

– Simon n’a pas tort, c’est vrai que tu es un peu vieux jeu.

INES

– Quoi ?! Toi aussi, tu trouves normal que cette fille soit la proie facile de tous les mâles et leur objet sexuel à loisir ? Ce n’est même pas une question de morale, tu sais bien. La morale, je m’en fous. Je te rappelle seulement qu’elle est peut-être simple d’esprit mais qu’elle a besoin d’affection comme tout être humain.

LAURENT (après un bruit d’ablution)

– Oui, eh bien, on dirait qu’elle sait où la trouver !

INES

– Ah oui, tu appelles ça de l’affection, d’être jetée aussitôt une fois prise ? Mais qu’est-ce que vous avez tous contre moi ce soir ?

LAURENT (rentre dans la chambre)

– Mais, rien, ma chérie ! Je crois juste que c’est toi qui t’emballes excessivement et que tu te prends tous nos propos au pied de la lettre ! Tu nous as d’abord raconté cette histoire pour nous faire rire. C’est toi qui t’amuses à nous raconter chaque fois les aventures rocambolesques avec Laura. Je ne vois pas pourquoi tout d’un coup tu dramatises tout. Surtout qu’au final, si j’ai bien compris, il ne s’est rien passé. Tu es arrivée à temps, plus de peur que de mal, non?

INES

– Ah oui ? C’est de ma faute maintenant ? C’est vraiment impossible de parler avec toi ! On ne peut rien te dire sans que tu fasses immédiatement ton juge.

LAURENT

– Tu es de mauvaise foi…

INES

– Tu le prends comme ça ? D’accord, eh bien, bonne nuit, inutile d’en discuter davantage !

Elle éteint sa lampe de chevet. Laurent allonge ses côtés et éteint à son tour la lumière générale.

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