Interrogatoire

– Comment connaissiez-vous Mlle Ludmilla Maslo ?

– Puisque je vous répète que je ne la connaissais pas !

– Ah oui, ça vous arrive souvent de vous balader autour du lac avec un cadavre que vous ne connaissez pas dans les bras ?

– Non, ce n’était qu’un simple hasard.

– Elle est bien bonne, celle-là. Pour mémoire, je vous relis le témoignage de Mr et Mme  Bedrossian : « Nous avons aperçu au loin un drôle de couple danser, lui était en tenue de cycliste, elle en robe longue rouge. L’individu agitait la tête dans tous les sens. Etrange. Nous nous sommes approchés pour leur demander s’ils avaient besoin d’aide. C’est alors qu’ils se sont précipités derrière un arbre. Puis seul le cycliste est venu nous parler, nous expliquant le pourquoi de leur étrange parade nuptiale. Ils préparaient ensemble le marathon de New York. Nous n’avions jamais imaginé que l’on pouvait préparer le marathon en robe longue. De plus, notre interlocuteur semblait très agité et nous a interdit de nous approcher de l’arbre et de sa femme. C’est pourquoi nous avons aussitôt appelé la police. »

– Oui, c’est vrai mais je suis innocent. Je faisais une pause au bord du lac, j’ai découverte cette fille sur la rive, elle était déjà morte, c’est tout.

– Pourquoi alors vouloir cacher la victime ?

– Je ne sais pas, j’ai paniqué. Je ne suis pas flic, moi, je ne sais pas quoi faire quand un mort me tombe dessus.

– Nous prévenir tout simplement, sinon c’est de la non-assistance à personne en danger.

– En l’occurrence, il n’y avait plus de danger puisqu’elle était morte… J’aurais dû plutôt appeler les services de la voirie.

– Faire de l’humour, dans votre cas, ne vous favorise pas, Monsieur Ramsani. Je vous préviens, nous allons devoir vous garder encore un petit moment au poste.

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