Eros est rosse

« Une quarantaine de livres parus, dans plus de 55 traductions, à des millions d’exemplaires à travers le monde : quel est donc le secret du succès de Luis Mendoza ? La réponse est simple, il s’abreuve à deux sources d’inspiration: l’une s’appelle Eros et l’autre Thanatos. Combinaison, oh combien efficace et qui depuis toujours nourrit les artistes, médecins et autres psychopathes pour la plus grande joie du public. Sauf que Luis Mendoza les ré-agence d’une manière unique et crée un genre nouveau : le polar érotique.

Emportés par la truculence de la langue, ses lecteurs de 7 à 107 ans jouissent autant de la parodie de l’enquête de l’inspecteur Palikao que des scènes émoustillantes et inappropriées qui l’accompagne. Car, oui, ici, ça a de la queue et de la tête. Les cadavres trouvés dans le placard servent pour mieux baiser la veuve du défunt. En toute impunité. Parfois, je me demande même si le célèbre Palikao n’est pas à l’origine de tous ces morts qui jonchent le récit.

Comme si tout ceci n’était qu’un prétexte à une grande parodie des genres. Pour preuve, au grand désespoir de tous, jamais aucune enquête ne fut résolue par Palikao. Chaque nouveau roman laisse le public sur sa faim. Luis Mendoza, prend-t-il ainsi un malin plaisir à violer la règle de base du polar en ne se donnant même pas la peine de dénouer l’intrigue ? Sûrement, car il touche là le comble de l’érotisme : susciter notre attente de lecteur, attiser notre frustration, créer notre désir et ne surtout jamais les assouvir.

Sa vie dilettante est à l’image de ses écrits. Si Luis Mendoza est aujourd’hui mariée à une célèbre chirurgienne genevoise, Christine Mali, et père de deux enfants, Lazlo et Aurore, son itinéraire s’est construit par sauts, gambades et… parties de jambes en l’air. De sa mère gipsy, il a gardé le goût du voyage et de l’exil, de son père torero, l’attirance pour la mort et la mise en scène. Eternel nomade, il n’a cessé de se balader de pays en pays, de femme en femme, de métier en métier, sans jamais s’arrêter nulle part. Si ce n’est sur une page blanche…

Aujourd’hui, ce livre se propose de résoudre l’énigme Mendoza, cet auteur aussi insaisissable que ses livres. »

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