Concerto à quatre mains

Chat sur Google mail entre Pauline et Alice.

Pauline dit : Il m’a répondu !

Alice dit : Alors 😉 ?

Pauline dit : Il m’a prise pour une cliente…

Alice dit : Normal, il ne considère les relations que sous l’ordre mercantile 🙁 !

Pauline dit : peut-être, mais le plus dur est fait… Je me demande même s’il ne se cache pas derrière le mode professionnel pour me répondre…

Alice dit : Pfff, tu le surestimes.

Pauline dit : Je ne comprends pas pourquoi tu es si dur avec lui. Son mail est drôle, charmant.

Alice dit : normal, ça, il sait le faire ! Méfie-toi Pauline !

Pauline : et toi, alors ? Il y a banane sous gravier 🙂 ?

Alice dit : écoute, j’ai accepté son invitation. J’attends de voir où il veut en venir…

Objet : RE : RE : jeu de dés

E-mail de Pauline@du-hasard.com à Ovidiu@cabinet-rohmer-associes.com

Date : 25 janvier xx à 16h15

Cher Monsieur,

Merci pour votre email. Oui, le mieux encore est de nous rencontrer. Il y a beaucoup de choses à éclaircir entre nous. Je vous laisse choisir la date et l’heure de peur de vous proposer un rendez-vous trop connoté commercialement.

Bien à vous,

Pauline

Objet : RE : RE : RE : jeu de dés

E-mail de Ovidiu@cabinet-rohmer-associes.com à Pauline@du-hasard.com

Date : 25 janvier xx à 17h21

Très bien. Pouvez-vous passer demain au cabinet (9 rue Chaptal) à 16h ?

Ovidiu

Objet : RE : RE : RE : jeu de dés

E-mail de Pauline@du-hasard.com à Ovidiu@cabinet-rohmer-associes.com

Date : 25 janvier xx à 18h55

C’est noté. A demain,

Pauline

Boîte e-mail d’Alice Etienne-Rohmer :

Choderlos Hansen vous a envoyé un message sur Facebook…

Chère Alice,

A vrai dire, je ne suis pas si étonné que tu m’aies lancé une invitation. Nous n’avons jamais été amis dans la vie, nous avons donc tous les raisons de l’être sur Facebook. Nous ne nous verrons jamais et nous espionnerons méchamment à l’insu de l’autre. Je ne doute pas une seconde que nous trouverons toutes les raisons de nourrir notre mépris mutuel.

Contrairement à Pauline, ton orgueil social doit être tel qu’il ne peut s’empêcher de cumuler les relations et de vouloir battre les records. Avec moi, tu en es à ton 556ème ami, chapeau ! Je suis épaté.

Eh oui, tu vois, je suis toujours aussi désagréable. Ca y est, tu regrettes déjà ? Ne t’inquiète pas, tu vas vite pouvoir te « défriender » avec moi sans même que je me rende compte – je ne maîtrise sûrement pas ces aggrégateurs de faux-amis aussi bien que toi.

Tu continues pourtant à me lire. Mais que t’arrive-t-il, Alice ? Tu t’ennuies ? Tu as besoin de déterrer les vieux morts et la hache de guerre, peut-être. Tu veux savoir où j’en suis ? Eh bien, rassure-toi, toujours au même endroit, au bord de l’Atlantique. Là où tu m’as exilé d’une certaine manière. Mais pourquoi t’en dire davantage ? Tu as déjà dû étudier mon profil, tu dois savoir que j’ai été marié, de nouveau célibataire, que j’aime toujours les cornichons et les films de Woody Allen.

Je ne te cache pas que j’en ai fait de même de mon côté. Comment, toi mariée ? J’ai ri. Le pauvre homme ! J’attends avec impatience que tu nous bombardes des photos de ton futur bébé, ton futur grand bonheur.

Ne te réjouis pas trop vite, ma belle ! Le ton de mon message pourrait te faire croire que je te porte toujours une rancœur tenace. Il n’en est rien. Dix ans, c’est long. Je suis passé à autre chose. Tes mensonges et autres manigances, je n’en ai cure. Tu m’as volé Pauline, et bien, soit, mais c’est aussi parce qu’elle le voulait bien, n’est-ce pas ?

Tout ce que je réclame aujourd’hui, c’est le droit à l’oubli. Et je préfère te le dire tout de suite plutôt que tu viennes encore t’immiscer dans ma vie. Maudit Facebook !

Allez, ciao, je te salue, ô belle cruelle (et je ris encore sous ma cape quand je dis cela…)

Va, je ne t’aime point !

Sincèrement vôtre,

Choderlos

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