Epilogue

–  C’est bon, je l’ai coincé !

– Qui ?

– Ben, voyons, Mr Hanozodor ! rappelle-toi, ton escroc ! Notre escroc !

– Ah, oui, et comment as-tu fait ?

– Rien de plus facile : le coup de l’arroseur arrosé !

– Ah, tu es content, tu as pu faire ton justicier ! Allez, raconte-moi…

– Ah, ah, ça pour savoir les détails, je vais un peu vous faire chanter ma petite Dame

– Espèce d’âne !

– Hihan !

Tristan éclate de rire à mes côtés. Nous sommes tous les deux assis à la terrasse d’une buvette et nous nous gavons de pâtisseries. Heureux de nous retrouver après ces trois mois de séparations. Depuis ce fameux dimanche où mon père a réussi en moins d’une heure à faire éclater notre petite communauté de moins de deux jours…

– Et Eva, tu as de ses nouvelles ?

– Malheureusement, oui… Elle est tombée amoureuse de mon père ! Ben, oui, à croire que le côté vieil obsédé sexuel, ça plait à certaines.

– Non, je n’y crois pas…

– Si, si, le fameux dimanche, elle l’attendait au coin de la rue et elle est repartie avec lui ! Tu vois bien que la vertu ne veut pas toujours être défendue…

J’ai vécu moins de deux jours avec ce mec. Il m’a sûrement causé la plus grande frayeur de ma vie, en m’imposant le remake de Psychose déplacé de la salle de bain à la chambre. Et pourtant, je me sens bien avec lui. C’est comme une évidence. C’est un peu bête et je commence même à le trouver pas mal. J’aime bien ce mélange d’armoire à glace normande et de superman flegmatique, déguisé en civil… Et puis, ces petits yeux enfoncés d’Ivan Terrible, ils me plaisent, oui.

– Si, si, elle vit désormais avec lui et s’en occupe très bien. Tu ne peux pas savoir comment ça me soulage !

– Oh, la, la, mais j’avais carrément faux sur toute la ligne !

Le pollen me chatouille les narines. Je ne peux pas m’empêcher de me moucher en permanence. Aujourd’hui, j’ai de la chance, je pleure seulement. Les larmes coulent doucement sur mes joues et se mélangent à mon whisky coca.

– Tu veux un mouchoir Diane ? J’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas ?

– Non, c’est juste que j’ai le rhume des foins…

– Tiens, essaie ma bague, ça te fera du bien.

Je le regarde les yeux ronds.

– Si, si, je t’assure, c’est une nouvelle technique de bobo. Elle est toute en ambre, tu vas voir, c’est thérapeutique express, c’est radical !

– Mais elle est trop grande !

– Mets là au pouce.

Un ange passe.

– Tu sais, je t’ai bien regardé pendant ces deux jours chez toi…

– Ah oui ?

– Oh, je ne t’ai même pas remercié de nous avoir recueilli chez toi !

– De rien.

Un deuxième ange passe.

– Il faut que tu me refiles ta recette de cake !

– Oh, ça, c’est très simple, la voici

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